Ces méchants Millennials qui ne veulent plus consommer

Sophilosophy Barbarella

Créatrice de contenus en ligne, je suis également conseil et coach en psychologie positive sur deux thématiques : les personnes surdouées et multipotentielles, et l'éco-anxiété et la solastalgie. Diplômée en journalisme et en psychosociologie, je suis passionnée par le développement durable, le développement professionnel et personnel, et le monde de demain. Retrouvez-moi sur : maviemagique.com, thejobrevolution.com, demainlenouveaumonde.com, lamajestedeselephants.com, et sur les réseaux sociaux.

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3 réponses

  1. Mario dit :

    Article un peu cliché, qui généralise énormément sur les “Millenials” alors que les tendances décrites (baisse de consommation, DIY, conso alternatives) ne concerne qu’une partie de cette génération, surtout urbaine et diplômée. Et même parmi cette tranche de la population, je crois assez peu aux tendances décrites dans l’article: les jeunes urbains diplômés consomment peut-être moins de meubles Ikea, mais consomment énormément de numérique (le black friday témoigne bien de cette surconsommation). De même, je ne suis pas sûr que l’on puisse opposer voyage et consommation. Le voyage, et encore plus le voyage en mode backpack, est une consommation et précisément le genre de trucs vendu à foison par la publicité.

    Enfin, pour nuancer encore l’article, je trouve qu’il est très occidentalo-centré. Déjà que les tendances qu’il décrit ne concernent qu’une minorité de jeunes (urbains/écolos) dans le monde occidental, mais alors il ne concerne que très peu la jeunesse, immensément plus nombreuse, dans le reste du monde. Les jeunes Chinois, Vietnamiens, Indiens ou Saoudiens ne sont pas du tout dans la lubie de la décroissance.

    Bref, un article pas inintéressant mais trop cliché, qui généralise énormément à partir de l’expérience d’un groupe social qui est loin de représenter la jeunesse actuelle.

     
    • C’est bien pourquoi le titre commence par “Ces”… je ne parlais que d’une tranche très limitée de la population, effectivement occidentale, mais pas seulement. Des backpackers, vanlifers, j’en connais de toutes origines : eh oui, il y aussi des jeunes Chinois qui n’ont pas envie de plonger dans la “rat race” et la société de consommation… Là non plus, ne faisons pas de généralisations selon les origines ethniques ou les nationalités.

       
  2. Mario dit :

    1/ Il existe bien évidemment des non-Occidentaux en mode backpack, mais d’une part, c’est ultra-minoritaire, d’autre part, être en backpack n’est pas du tout une antithèse au consumérisme.

    2/ Là réside à mon sens l’erreur fondamentale de l’article, qui est dans le mythe de la contre-culture, d’une génération opposée au consumérisme alors que la critique de la société de consommation est précisément inscrite dans la consommation de masse. Exemple:

    Vous parlez des jeunes qui préfèrent “voyager plutôt qu’acheter une maison”, “aller à un festival plutôt qu’une paire de chaussures”, critique des malls, etc. Mais il n’y a rien d’opposé entre les deux ! Voyage, festival, et autres sont totalement inscrits dans la consommation de masse. Ce que vous décrivez, c’est justement le principe de consommation concurrentielle. Vous pensez que la consommation de masse est alimentée par le conformisme (malls, logement, famille…) alors qu’elle est précisément alimentée par un processus de distinction et de statut, et qu’il n’y a pas plus consommateur que le “rebelle”. On ne va pas dans les malls, c’est trop prolo et aliénant, on va à Biocoop. On n’achète pas une maison Phénix, on achète une maison en bois qui nécessite entreprises et matériaux en masse. On ne va pas au club Med, on fait du “backpack” (en utilisant pour cela à fond Internet, les sites de recommandation, Google Maps, tout le matos nécessaire, avions ou chemins de fer qui nécessitent entreprises et conso de masse, etc.). C’est comme une amie qui, ricanant un jour sur les gens qui achète des écrans plats (symbole de la société de consommation, et affichant un certain dégoût) dit qu’elle préfère largement un rétroprojecteur + projection mur pour ses films. Quelle ironie!

    Il y a, en outre, une erreur à faire l’équivalence entre conso de masse et objets strictement matériels. Certains jeunes actuels, qui critiquent la conso de masse, visent toujours (comme dans l’article) les objets clichés des trente glorieuses, en gros : télé, logement, voiture, armoire. C’est… tellement facile. C’est une critique “feel good”, qui permet essentiellement de se sentir bien et différent, nous les Millenials vertueux et écolos face aux méchants boomers consuméristes (les hippies, qui étaient des boomers, disaient déjà la même chose de leurs parents), mais qui miss the point comme on dit, complètement. On rigole des boomers qui rivalisaient sur leur statut au niveau des voitures et logements dans les années 60, alors que ce principe est plus que jamais présent dans Facebook, Twitter, Instagram, le type de films que l’on va voir, le type de voyage que l’on va faire, le type de conso “””bio””” qui nous démarque des autres… La surconsommation du numérique, la consommation concurrentielle témoignent de tout sauf qu’une négation de la consommation de masse chez les Millenials. En 2040, vous aurez une génération qui se moquera des Millenials comme de la génération ultra-consumériste du web, de la pseudo-distinction dans le bio et les voyages, et ainsi de suite.

    Tout le monde critique la surconsommation, il n’y a rien de plus éculé en réalité, et le consommateur conformiste, c’est toujours “l’autre”. Je ne vais pas au club med à Djerba, je vais au Costa Rica avec mon backpack, je ne regarde pas Avengers, je regarde un film d’auteur primé à Cannes. Mais tout ça, c’est de la consommation de masse. Un paquet de gens sont décroissants en discours, personne ne l’est en réalité (à l’exception rare des communautés agricoles en auto-gestion).

    Relisez Thornstein Veblen sur la consommation concurrentielle et de statut, Thomas Frank sur la contre-culture comme intrinsèque à la consommation de masse, ou encore Joseph Heath et Andrew Potter dans “Révolte consommée”.

    Encore une fois, ce n’est pas une critique personnelle ! Mais je ne souscris pas du tout à l’idée d’une génération moins consumériste que l’autre. Les modèles de consommation changent, oui, mais la société de conso et le consumérisme reste, absolument. Particulièrement chez les Millenials (dont je fais partie).

     

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