Coronavirus et transition : et si Mère Nature nous faisait un cadeau ?

Et si, finalement, le coronavirus*, une menace mondiale qui touche aussi bien les riches que les pauvres, était à l’origine d’une évolution de la société ?

Et si La Nature avait trouvé le bon moyen de nous obliger à faire la transition vers le Nouveau Monde ?

Coronavirus et tradition

Un jour de Novembre 2019, en Chine, un mec a eu la délicieuse idée de tuer un pangolin sauvage, capturé dans la nature tout aussi sauvage, pour le vendre sur un marché de Wuhan. Un marché connu pour son commerce illégal d’animaux sauvages destinés à être mangés ou servir de médecine.

Adorable pangolin et son bébé (Reddit / Nihilnaswar)

La petite bête, dont on se demande vu sa bouille comment elle peut inspirer des velléités culinaires, avait manifestement été en contact avec une chauve-souris, qui portait la version initiale du virus.

Bon, en fait on n’est sûr de rien, mais les analyses génétiques semblent aller dans ce sens.

Et ce serait assez intéressant, parce que “cette consommation du pangolin aurait presque anéanti l’animal en Chine, rapporte le magazine Géo, et aujourd’hui l’espèce est menacée d’extinction. Près de 100 000 pangolins sont victimes chaque année, en Asie et en Afrique, d’un trafic illégal, qui en fait l’espèce la plus braconnée au monde, devant les éléphants et les rhinocéros, selon l’ONG WildAid.” (L’Express).

Donc déjà, le fait que le coronavirus tue en premier ceux et celles qui sont à l’origine de l’extinction de cette espèce, c’est assez bluffant. Première ironie du sort. Mais en fait, peu importe. La vraie raison est surtout celle-ci :

Nous subissons la contamination à large échelle par un virus qui est un pur produit de la rencontre entre la bêtise humaine (l’entassement dans des cages d’animaux sauvages de diverses espèces dans des marchés insalubres…) et de l’inventivité du vivant. 

Le vrai problème est là : notre incroyable mépris du monde sauvage, en croyant que manipuler le vivant de manière totalement contre nature (…) ne nous reviendra pas à la figure.

Cette nouvelle pandémie semble être une sorte de “roue qui tourne”, une revanche du monde sauvage, d’une espèce quasi détruite sur celle qui la détruit : l’espèce humaine.

Comme pour dire “Stop”.

Plus précisément, pour arrêter l’extinction complète de cette espèce avant qu’elle n’arrive, comme on serre le frein à main pour provoquer un arrêt brutal avant le plongeon. Comme un coup de poing dans nos gueules d’égoïstes, d’inconscients – et d’assassins. Maintenant, petit humain, tu arrêtes tes conneries. Et tu passes à la transition. MAINTENANT.

Coronavirus et voyages à outrance

Ce coronavirus, ensuite, présente une drôle de manière de se disperser : il ne fait rien, en fait. C’est nous qui faisons tout.

C’est nous, l’espèce humaine, qui prenons l’avion d’un bout du monde à l’autre, embarquant le tout petit truc couronné dans nos poumons, et le distribuons en éternuant sur les autres. Parce qu’on est comme ça : quand on est malade, on s’en fout que les autres chopent notre virus, que ce soit celui du rhume ou du coronavirus. On ne va pas porter un masque, par respect, comme le font les Asiatiques : comment faire des selfies avec ce truc ? Ils en portent tous là-bas en ce moment, même au Vietnam. Pourtant pas le pays le plus riche du monde.

Non, nous on voyage partout où il y a des photos Instagramables, sans se poser de question sur les conséquences de nos choix, avec les centaines d’autres passagers, bien collés-serrés dans les avions low-cost. La Nature n’a pas d’importance à côté de nos Likes.

La photo parfaite…

… et la réalité (lire l’excellent article de Radio Canada)

Coronavirus versus orgueil

Nous, les Chinois, on s’en fout. Ils sont loin, ils sont jaunes, ils sont différents, et ils sont si nombreux que quelques milliers de morts ne nous font même pas lever un cil. Nous, quand les scientifiques commencent à dire (dès janvier), que ça pue un peu cette histoire, on se dit tout de suite que cela nous atteindra pas. Nous le peuple blanc du Nord, et eux les dirigeants, en premier.

Les Chinois sont sales, ils bouffent n’importe quoi, ben voilà t’es malade. En Frrrrance Cocorico, ou dans les Très Grands États Unis d’Amérique et du Monde, on est riches, puissants et invincibles. On est bien plus évolués, on sait tout sur tout. D’ailleurs, aucun virus ne peut nous atteindre. Comme le virus HIV, celui qui donne le SIDA, par exemple ? Euh…

C’est nous qui, alors qu’on nous demande de rester confinés pour sauver sa vie et celle des plus fragiles, continuons à sortir parce qu’on “en a envie”. Et qui continuons à le faire, même avec prunes à l’appui (et prison pour “mise en danger de la vie d’autrui” pour les plus con.ne.s). Je sors d’abord chercher une baguette, puis ensuite pour mon footing, plus tard direction la supérette pour prendre les coquillettes et la tranche de jambon pour le dîner du soir, peu après on sort le chien… Ben voyons…

Les Chinois, les plus proches du feu, ont respecté les consignes extrêmement strictes de la Chine. Et il semble que pour eux, la leçon de Mère Nature a pris : la Chine a décidé le 24 janvier l’interdiction « complète » du commerce et de la consommation d’animaux sauvages, déclarant qu’il s’agissait d’ “une tradition millénaire, totalement inappropriée dans la société actuelle”.

Peut-être qu’ils se rendent également compte que la corne de rhinocéros ne fait pas bander, en fait. Et que les hippocampes ne guérissent pas de l’urticaire.

Un virus qui aime les enfants

Ensuite, ce virus semble épargner les petits. Il décime surtout des personnes très âgées, et/ou déjà malades, même si on constate que des jeunes apparemment en pleine forme se retrouvent aussi à l’hôpital – et même en meurent. Peut-être que sans le savoir ils ont consommés des médicaments comme l’Ibuprofène, qui semble aggraver la situation. Peut-être avaient-ils un système immunitaire défaillant, un problème de santé caché. Ou juste, pas de chance. On ne sait pas. Ou peut-être que la mort de nos vieux ne nous touchait pas assez. Alors Mère Nature a rajouté de la sauce.

C’est comme si elle avait choisi de marquer le coup en essayant de faire des dégâts, pour nous ébranler, tout en sauvegardant ceux et celles qui ont, à priori, le plus de temps de vie devant eux. Il est dramatique de perdre un être cher, quel que soit son âge. Et comme le dit un proverbe africain : “Un ancien qui meure, c’est une bibliothèque qui brûle”. Des sagesses de vie et des trésors de connaissance (notamment sur le “monde d’avant”, c’est à dire avant la mondialisation) qui disparaissent, seul.e.s sur un lit, sans personne pour leur dire au revoir. C’est dramatique.

Mais en même temps, j’ai comme l’impression que c’est une sorte de sacrifice réfléchi, un génocide calculé, pour nous faire plier.

Pour nous faire réfléchir.

Pour nous faire tout arrêter.

Et changer radicalement.

Parce que ce qui se passe est quand même assez incroyable.

Coronavirus versus inégalités (et inhumanité)

Pour la première fois, la majorité des pays ont mis la valeur de la vie au-dessus de celle du marché.

Et en quelques jours, on vient de découvrir qu’on avait plein d’argent, en fait. Enfin on le savait, mais on savait aussi qu’il allait dans les poches des déjà plus riches des riches, les fameux 1%. Enfin pour être encore plus juste, les 0,01%…

Et là, d’un coup, La Banque Centrale abaisse ses taux à zéro, et inonde l’économie d’un flot d’argent gigantesque. Pour sauver l’Impératrice Économie, bien sûr. Mais bizarrement, il semblerait que même les “petits” (les PME, les indépendants, les sans argent), puissent aussi en bénéficier. Dingue.

Les différents gouvernements et autorités monétaires déversent des centaines de milliards. La BCE (Banque Centrale Européenne) a annoncé un plan d’urgence de 750 milliards d’euros de rachats de dette publique et privée. Et Bruxelles a annoncé vendredi 20 mars la suspension des règles de discipline budgétaire de l’UE. Ce qui permet aux Etats membres de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre les conséquences économiques du coronavirus. Marrant, ça : pour sauver l’économie, on a des sous, en fait. Il semble difficile de pouvoir cacher ça, maintenant…

Le truc qu’on ne dit pas, c’est que l’économie, c’est fondamentalement basé sur l’échange de biens et services, sur la production (par des humains, encore beaucoup) et la consommation (par des humains, complètement et uniquement). Or s’il y a plein, plein d’humains qui meurent – du coronavirus ou de faim parce qu’ils n’ont plus d’argent pour acheter de quoi survivre – l’économie meure. Donc cet argent, il sert en fait à sauver des vies. La vie d’entreprises, qui ne peuvent vivre sans leurs salariés. Donc on va leur donner des sous, aux gens, pour qu’ils puissent continuer à vivre, pour ensuite retourner bosser.

On réalise aussi que les hôpitaux, la police, les agriculteurs, les boulangers, les routiers, les éboueurs et les caissiers, sont essentiels à notre survie. Et d’un coup, on a plein de sous pour eux, dites-moi donc. Pour qu’ils aient de quoi nous sauver, nous nourrir. En quelques jours, on trouve le moyen de déployer des hôpitaux et des lits supplémentaires, en Chine, en Espagne ou en France, pour ne citer qu’eux. On donne plein d’argent aux internes, aux médecins retraités et aux laboratoires de recherche pour qu’ils puissent bosser.

Et les multinationales qui s’enrichissent sur le monde depuis des décennies se mettent à DONNER.

Oui, oui, Messieurs Dames, vous ne rêvez pas.

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Pernod Ricard donne 70 000 litres d’alcool au laboratoire Cooper, “premier fournisseur de gels hydroalcooliques en pharmacie”, et L’Oréal convertit en quelques jours ses usines pour en fabriquer. Netflix crée un fond de 100 millions de dollars pour soutenir l’industrie du divertissement, dont “15 millions en aides d’urgence aux employés au chômage». Tereos (Beghin Say), Cristal Union ou encore Absolut Vodka se lancent aussi dans la production de gel, qui sera mis gratuitement à la disposition des agences régionales de santé et des hôpitaux des régions proches. Canal+ passe en clair, de nombreuses plateformes d’éducation, de connaissance et d’éducation offrent du contenu gratuit. A Cannes, le Palais des Festivals ouvre ses portes pour accueillir les SDF, qui se retrouvent seul.les en sans aides – les maraudes ont cessé faute de personnel, et plus personne dans les rues pour leur donner des sous. Dehors, livré.e.s à eux-mêmes… et au coronavirus.

Ce coronavirus, on dirait qu’il fait tout pour que les riches donnent aux moins riches. Et à tous ceux dont on a vraiment besoin. À ceux qui nous nourrissent, nous soignent.

Même les gens deviennent généreux entre eux. Les PME, les mairies et les particuliers vont d’eux-mêmes apporter des masques qu’ils n’utilisent pas ou qu’ils fabriquent aux hôpitaux, aux médecins libéraux et aux EPHAD. On va faire les courses des voisins âgés, à qui on ne parlait pas forcément avant. On fabrique des masques dans les maisons pour les apporter aux hôpitaux. On crée des systèmes d’aides bénévoles en quelques jours.

Donald Trump – oui, le monsieur orange et ultra-libéral – a d’un coup fait un virage à 180° : il a demandé au Sénat américain de négocier un plan de 1000 milliards de dollars pour supporter l’économie. Et a annoncé qu’il allait envoyer un chèque de 1000$ à chaque Américain.

Comme ça, en une semaine, Trump vient de lancer… le Revenu Universel.

Et aux dernières nouvelles, la Californie réfléchit à mettre en place une couverture universelle de santé . Qui pensait cela possible il y a encore… un mois ?

Ce n’est pas un changement de vision du monde de la part du gouvernement américain en place, faut pas rêver. Mais il sait que si 22 millions d’Américains, ceux qui n’ont aucune sécurité sociale, sont contaminés, ils ne se feront pas soigner, et iront travailler pour survivre, même malades. Et là, il y a de quoi décimer l’économie – pardon, la population nord-américaine. Donc l’économie, du coup.

Non, le virus l’y OBLIGE. Une générosité contre nature… Une Nature plus forte que le “pays le plus puissant du monde” ?

Et même avec cette gigantesque vague d’argent qui s’étend sur le monde, à cause de (grâce à ?) ce coronavirus, on va vers une récession. Une baisse énorme de la demande et de l’offre.

Je traduis : on produit moins, et on consomme moins.

Mais dites-moi, ça ressemble fort à la fin de la surconsommation et au début de la sobriété, tout ça…

Coronavirus et air frais

On ferme les usines et les magasins, on reste chez soi au lieu de prendre l’avion ou la voiture pour aller travailler ou partir en weekend, et d’un seul coup, on remarque des trucs. Comme le fait que les villes sont calmes, et qu’on dort mieux. Ou que le niveau de pollution mondial baisse drastiquement. Et qu’on respire mieux.

Baisse spectaculaire de la pollution dans le ciel de la Chine (avant/après Coronavirus).
On note aussi que la chute du trafic routier en Chine a sauvé plus de vies que le coronavirus n’en a ôté du seul fait de la pollution évitée
(sans compter les accidents).

Les chats peuvent tranquillement traverser les rues dans être écrasés, les biches gambadent dans la nature sans craindre le chasseur. Comme si la Nature voulait confiner les humains pour qu’ils laissent leur place aux autres êtres vivants. Qu’ils arrêtent de les tuer. Pas ceux et celles qui meurent tous les jours dans les élevages intensifs et les batteries, pas encore. Mais déjà, ceux qui sont nés sans y avoir été forcés, qui sont libres, vivent une joyeuse parenthèse.

Petit moment d’humour. Mais ne rêvons pas : cette petite parenthèse ne suffira pas à réparer les ravages gigantesques que nous causons à l’environnement et faire revivre les espèces disparues. Peut-être que la pandémie va alors durer assez longtemps pour nous obliger à ne plus prendre l’avion, le temps que l’atmosphère s’allège en CO2 ? Et que les compagnies d’aviation fassent faillite, pour définitivement régler le problème ?

Oui, mais l’élevage est aussi un énorme producteur de CO2. Or nous n’allons pas arrêter d’acheter des steaks au supermarché, vus qu’ils constituent maintenant notre seul lieu de promenade.

Mère Nature va peut-être nous faire beaucoup plus déguster, en fait. Coronavirus mutant dans la viande animale ? Si ça tombe…

Coronavirus et décroissance

Pour l’économiste Dany Lang, cette crise est également l’occasion de repenser totalement notre modèle économique en prenant en compte l’urgence climatique. “Après 2008, pire crise du capitalisme après 1929, on est repartis comme si de rien n’était. En Europe, les Etats ont continué à comprimer les salaires et faire reposer toute la croissance sur une augmentation du crédit privé déraisonnable, comme en Irlande, ou sur les exportations, comme en Allemagne. Il faut maintenant investir dans la transition écologique.” 

Nombreux.ses sont ceux qui pensent la même chose, et se demandent si cette crise (sanitaire) n’est pas également une opportunité. Ironie du sort (ou humour de Mère Nature), la pandémie est née en Chine.

Et en Chine, le mot “crise ” se dit Wei Ji.

C’est à dire “Danger” (Wei) et “Opportunité” (Ji).

Pour beaucoup d’écologistes et de militants pour la transition, le coronavirus a ouvert une brèche. En effet, en quelques jours, les dirigeants ont non seulement écouté, mais aussi suivi les scientifiques. Et ils ont lancé des plans d’urgence gigantesques en un temps extrêmement court : littéralement, deux semaines. Il est donc tout à fait possible qu’ils gardent les oreilles et les yeux grands ouverts, cette fois. Et qu’ils réalisent enfin que le coronavirus, cette pandémie, cette urgence sanitaire mondiale, c’est du pipi de pangolin à côté de ce qui nous attend. Et attend l’économie. Et surtout, la vie sur Terre.

Cette “malédiction” (ou bénédiction ?), cette pandémie montre clairement que quand on a un plan précis, on trouve l’argent. Et que quand ça pue, on sait agir en quelques HEURES.

Coronavirus et nature humaine

Confinés chez nous, on se rend compte que ce qui était évident, acquis, ne l’était pas. Comme aller sur la plage, randonner en forêt. Comme prendre l’apéro en terrasse avec ses amis, aller faire de la danse, nager, galoper. Comme d’aller s’acheter des vêtements, ou se faire couper les cheveux.

Comme si La Nature nous forçait à nous rendre compte de la chance qu’on a, avec notre vie de riches.

Ce cocovirus nous fait aussi comprendre que la vie est courte, qu’elle peut basculer à tout moment. Que notre confort d’ultraconsommateurs n’est que temporaire, et on le sait depuis longtemps déjà, illusoire. Qu’on peut d’un seul coup, si tous les agriculteurs, pêcheurs ou routiers tombent malade, ne plus avoir à manger.

De toute façon, faut-il encore rester vivant.e. Parce que les simulations des épidémiologistes sont terrifiantes. Coco, ce qu’il nous montre aussi, c’est qu’il ne faut pas jouer avec Mère Nature. Que quand quelque chose est dangereux, on doit apprendre à se remettre en question, et arrêter de croire que nous sommes l’espèce supérieure, et que notre technologie nous met à l’abri de la maladie et de la mort.

J’adore le livre et le film (celui avec Tom Cruise !) La Guerre des Mondes. Nous y sommes assaillis et complètement anéantis, comme nous le faisons avec les autres espèces : en 50 ans, nous avons fait disparaître 60% des espèces animales autres que la nôtre. Et ce qui nous sauve, c’est une toute petite bactérie. Contre laquelle les extraterrestres qui se servent de nous comme engrais pour leurs cultures aliens n’étaient pas immunisées… Mère Nature nous sauve. Mais dans le cas de Coco, c’est peut-être au film Phénomènes que nous devons penser. Une Nature qui pour survivre décide d’éliminer le parasite qui la décime : nous.

Coco, il nous fait ouvrir les yeux.

Sur le fait que le vrai bonheur, on le trouve quand on les autres. Chez l’être aimé, dont on est séparé. Chez nos proches, nos amis qu’on ne peut plus voir que par vidéo. Nous sommes des animaux sociaux : nous supportons très mal la solitude. Il nous pousse à nous reconnecter à nos voisins, tant on a envie de voir du monde. Nous ne leur parlions pas avant, maintenant on essaye de se voir autant qu’on peut. Dame Nature cherche-t’elle à nous montrer que nous avons tout pour être heureux.se, là, juste ici, autour de nous ?

On comprend aussi, d’un coup (mais vraiment, d’un coup) qu’on est capable de changer radicalement notre quotidien, notre mode de vie, en quelques jours, quelques heures. Qu’on est suffisamment forts pour se mobiliser tous ensemble, que ce soit pour sortir spontanément dans la rue pour dire “Même pas peur” aux terroristes. Ou pour se mettre à scander #RestezChezVous dans toutes les langues sur les réseaux sociaux. Et le faire. Et y survivre. Voire même, pour certains, y revivre, s’ils étaient au bord du burn-out et que là, ils peuvent enfin… dormir.

Une éclatante démonstration de notre capacité de mobilisation, et d’adaptation. De notre créativité : en témoignent toutes les idées pour continuer à danser ensemble, à faire du sport, à étudier ou travailler. De notre force de vie, de notre envie de vivre, de ne pas, nous aussi, nous retrouver les poumons faibles, sous respirateur artificiel – quand on a de la chance, quand il reste une place pour nous.

Coco, en fait, on dirait un petit être qui nous oblige… à être gentils.

Avec nous-mêmes, avec les autres, avec la Nature. Comme si c’était un message de notre Mère à tous.tes. Comme si elle avait choisi de sacrifier quelques-uns pour nous pousser à changer drastiquement de mode de vie et de comportement, de société et d’économie. Dans le but, en fait, d’éviter la mort d’un bien plus grand nombre d’êtres vivants, de toutes espèces, dont la nôtre. Une catastrophe annoncée, l’effondrement de notre civilisation, mais cette fois sans la possibilité de transiter volontairement, de faire fléchir la courbe rouge pour passer à la courbe verte. Un plongeon dans l’enfer, dans l’abîme, pendant très, très longtemps.

“La vraie bonté n’est pas forcément gentille”, disait Gandhi. Coco est peut-être le masque grimaçant qui recouvre un beau visage, celui d’une puissance fondamentale, qu’on voit partout. Celle qui fait qu’un arbre va se tordre pour recevoir de la lumière, qu’une baleine va faire le tour du monde pour se reproduire, qu’une petite plante arrivera à pousser entre deux pavés : la vie. Une force gigantesque, dont on sous-estime très certainement la force, mais aussi l’intelligence.

NDLA : le coronavirus SARS-COV 2 (COVID-19) atteint également les enfants. Et l’Afrique risque d’être littéralement décimée par cette maladie. On ne souhaite qu’une seule issue : qu’on s’en sorte, tous et toutes, vite – et vivant.e.s. Mais “à toute chose, malheur est bon”… Je voulais surtout souligner l’ironie du sort, et manifester mon espoir que cette pandémie mondiale nous motive enfin à changer radicalement notre modèle de société, et notre rapport au monde, aux autres, et à la nature.

A lire, à voir 

(Oui, si vous êtes de ceux et celles qui ont le temps, profitez-en pour regarder des choses intéressantes 😉)

L’après-coronavirus selon Yves Cochet : “écovillages, biorégions et démocratie locale”

Les toujours parfaits DataGueule :

L’excellent Aurélien Barrault :

Jean-Marc Jancovici, dans ta face aussi :

Sources (entre autres) : L’Express / 20 Minutes / Radio Canada / BFM Business / Futura Sciences / Le Figaro / Capital / France TV Info / Médiapart / Le Monde / Courrier International

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*Le Coronavirus SARS-COV2, à l’origine de la maladie COVID-19.

Le texte de cet article est la propriété de son auteur et ne peut être utilisé sans son accord et sous certaines conditions.

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Sophilosophy Barbarella

Créatrice de contenus en ligne, je suis également conseil et coach en psychologie positive sur deux thématiques : les personnes surdouées et multipotentielles, et l'éco-anxiété et la solastalgie. Diplômée en journalisme et en psychosociologie, je suis passionnée par le développement durable, le développement professionnel et personnel, et le monde de demain. Retrouvez-moi sur : maviemagique.com, thejobrevolution.com, demainlenouveaumonde.com, lamajestedeselephants.com, et sur les réseaux sociaux.

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2 réponses

  1. Alexis Z. dit :

    Bonsoir, je comprends qu’il y a des bonnes intentions à l’origine de ce texte, mais l’enfer en est pavé et ce texte me choque parce qu’il oublie quasiment les souffrances subies et se réjouit à plusieurs reprises et clairement de cette épidémie.
    Moi aussi j’aimerais que plus d’humains prennent conscience de l’urgence écologique. Mais se réjouir de constater qu’un épidémie va peut-être tuer aveuglement 1% voire 2% de la population mondiale, pris au hasard, cela me parait vraiment inhumain.
    Qui va mourir ? les gens qui bloquent la transition écologique ? Non, ce sera des gens pris au hasard, des centaines de milliers de gens, y compris en Afrique en Amérique du Sud en Océanie, des centaines de milliers de familles vont être brisées, et il y a de gros risques d’émeutes et de graves violences induites par les effets de la peur et de cette épidémie. Tenter de faire très peur à toute une population pour obtenir un changement de politique, c’est la définition du terrorisme, et ça ne donne JAMAIS de bons résultats.
    Vous dites ne pas être croyant mais vous insistez pour laisser entendre que la Nature ou l’Univers ou la Vie (bref, un truc abstrait qui ressemble fortement au Dieu des croyants) se venge, punit l’humanité (de façon parfaitement injuste et cruelle) et finalement vous avez l’air de trouver tout ça juste et bien, cela vous réjouit quasiment.
    Ouvrez les yeux, ce sont des humains innocents qui souffrent !

     

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