Effondrement : les «Preppers», ceux qui se préparent

Je ne parlerai ici que des preppers nord-américains et européens, pour les raisons que j’explique dans cet article. Si vous avez des sources d’informations intéressantes sur les preppers d’autres cultures, n’hésitez pas à me les donner en commentaire !

On les appelle les “prévoyants”, les “néosurvivalistes” ou “les casaniers de l’Apocalypse”. Les preppers (en anglais informel, “ceux qui se préparent“), n’ont pas grand-chose à voir avec les loups solitaires, équipés comme Rambo, qu’on aime fantasmer. Ils ne veulent d’ailleurs pas qu’on les rattachent à ces “autres” survivalistes.

Ce groupe socioculturel ressemble plutôt à… nos arrières-grands-parents. Ceux et celles qui ont grandi à la campagne, que ce soit en France ou aux USA. et au Canada. Les preppers réapprennent des savoirs ancestraux. Pas pour passer le temps ou développer un hobbie. Mais comme un entraînement, une préparation au futur probable. En cultivant en premier l’intelligence, le bon sens, la débrouillardise.

Ils font pousser leur jardin, élèvent des poules et des lapins. Ils apprennent à faire leur pain et leurs confitures, à se soigner avec des plantes. Ils savent coudre ou tricoter, construire ou du moins réparer : leurs outils, leurs maisons, leurs véhicules. Ils apprennent à faire fonctionner leur voiture avec de l’huile de friture, ou achètent des vélos, des chevaux. Ils récupèrent l’eau de pluie et installent des panneaux et des fours solaires. 

Ils seraient presque 3 millions aux USA, et ont essaimé dans d’autres pays, comme en France. Ils constituent une sorte de “sous-culture”, liée par une vision commune et le même style de vie. Ils partagent leurs connaissances et leurs inventions sur les réseaux sociaux – tant qu’ils existent, autant s’en servir… mais organisent aussi des formations et des ateliers dans la vraie vie. Ils se regroupent dans des éco-hameaux ou créent des BAD (Bases Autonomes Durables).

Différentes inquiétudes

Ces preppers regroupent une vision commune de l’avenir, même si leurs préoccupations sont parfois différentes.

Pour certains, c’est un effondrement économique gigantesque qui nous attend. Quand on a perdu sa maison à cause de la crise des subprimes et qu’on entend que celle de la dette des étudiants américains nous pend au nez, on comprend facilement qu’on puisse avoir envie de prévenir maintenant que de guérir – ou plutôt subir – plus tard.

Pour d’autres, ce sont les tremblements de terre ou les ouragans. Quand on vit dans la Tornado Valley et ses 600 tornades en moyenne chaque année, équiper son sous-sol de quelques denrées et outils de survie est une précaution de base.

De plus, les phénomènes climatiques de grande ampleur, canicule ou grand froid et tempêtes gigantesques se sont accrus ces dernières années. Des ouragans comme Katrina qui a dévasté la Louisane en 2005, Sandy à New York en 2012, aux tsunamis comme celui qui a tué plus de 250 000 personnes en décembre 2004 de l’Inde à l’Indonésie. Ces phénomènes naturels ont montré que même dans les pays dits développés, une tempête peut bouleverser nos modes de vie et nous priver de ressources essentielles en quelques minutes. Et que les dirigeants se retrouvent souvent bien démunis, ou incapables de bien gérer les grandes crises.

Il semble donc assez naturel, plein de bon sens en fait, de faire des stocks de nourriture, de préparer des sacs de survie si l’on doit fuir rapidement.

Le même jour de janvier 2019, -50°C à Chicago et +49,5°C à Port Augusta, une municipalité de l’Australie du Sud.

De nombreux preppers pensent aussi tout simplement à des pannes, des ruptures. Pannes gigantesques d’électricité comme au Canada en 2003, rupture des circuits d’approvisionnement en nourriture ou des services publics (police, pompiers, etc.), comme dans certaines villes américaines, qui ont fait faillite. 

D’autres événements de grande ampleur, comme une pandémie, peuvent aussi nécessiter de s’isoler et donc d’avoir une certaine autonomie, que ce soit pour les ressources ou pour prendre soin de sa famille, de sa santé.

Mais certains preppers pensent aussi aux événements de la vie quotidienne, comme une perte d’emploi, un accident de santé ou de vie, un incendie qui oblige à fuir très rapidement. 

Prepper : être prêt en cas d’imprévu en anticipant la situation, même improbable

Différents sociostyles

Tous les milieux sociaux sont concernés. Les survivalistes que j’ai connus aux USA comportaient des familles proches de ces preppers. Des Américains à revenus moyens, venant de communautés éloignées des grandes villes. Qui se sont transmis des connaissances et des savoirs-faire de génération en génération. Des ruraux qui travaillaient dès l’enfance dans les fermes de leurs parents, qui bricolaient leurs jouets, apprenaient à chasser ou à faire des conserves avec leurs parents.

D’autres sont au contraire des citadins éduqués, des “bobos” qui ont pris conscience de la destruction de l’écosystème, et veulent aussi le protéger, en plus de se protéger eux-mêmes.

D’autres enfin sont des jeunes, pauvres, qui n’arrivent plus à survivre en ville et ont préféré se construire une vie meilleure à la campagne, en vivant le plus possible en autonomie. Car pour certains, décider de vivre dans des milieux ruraux, même sans télévision, semble proposer une vie et un avenir plus radieux que la survie dans des quartiers dégradés, entourés de violence au quotidien. Sans moyen de se nourrir avec d’autres aliments que les premiers prix du magasin discount du coin. Aux USA, dans certains quartiers déshérités, les fruits et légumes frais sont introuvables.

Ce choix de vivre dès maintenant de manière low and raw (simple et “brute”) permet déjà d’éviter l’angoisse d’être démuni.e face aux problèmes qui peuvent survenir. Que ce soit une catastrophe mondiale ou des problèmes personnels. Quand on est propriétaire de son toit, même simple, et qu’on sait faire pousser sa nourriture, on se sent déjà un peu plus en sécurité. Et maître de son destin. 

De plus, en choisissant dès aujourd’hui de vivre simplement, certains preppers cherchent à se “désintoxiquer” des besoins nés de la vie moderne. Comme la télévision et les jeux vidéos, la consommation de masse, ou la malbouffe addictive. Ainsi, ceux et celles qui perdent ces habitudes de consommation et de vie se disent qu’ils.elles souffriront moins de leur disparition, s’il elle doit advenir. Et qu’en apprenant à récupérer l’eau et à fabriquer leur propre électricité, ils seront, en cas de pénurie, mieux équipés que les autres.

Enfin, les preppers regroupent aussi des écologistes qui aspirent à une vie plus simple et authentique, avec plus de sens, en accord avec leur envie de protéger la nature. Que la civilisation actuelle s’effondre, ou pas.

Une tendance récente

Le futurologue et directeur du Trends Research Institute Gerald Celente utilise le terme “néosurvivaliste” pour se démarquer de l’image du loup solitaire équipé d’armes et de réserves pour quelques jours.

Ce qui les rassemblent, c’est d’abord la nouveauté : ces “nouveaux survivalistes” constituent une évolution, une intégration de la notion de résilience chez d’autres typologies de groupes sociaux et d’individus, qui parlent plus de “mode de vie” que de système de survie. Ces nouveaux adeptes du “retour aux sources” et à une vie autonome se sont surtout développés depuis ces vingt dernières années.

C’est aussi la prédominance du bon sens par rapport à des craintes millénaristes, ou le rejet de la société actuelle. Ils ne veulent pas être assimilés aux imaginaires et à des mouvements sectaires, extrémistes ou ultra-individualistes qui collent au survivalisme : ils se veulent seulement “prévoyants“. Leur vision est plus proche de l’autonomie et de la résilience : se former, être auto-suffisant, faire autant que possible pour se débrouiller aussi bien que possible par soi-même. 

Ce qui ne les empêche pas de se poser des questions sur les problématiques de sécurité, par exemple. Comme les survivalistes, ils pensent aussi qu’ils peuvent être victimes de vols et d’agressions par des pillards. 

Des communautés moins fermées

Rares sont les survivalistes “classiques” qui s’imaginent que la civilisation peut changer et se remettre dans la bonne trajectoire. Pour eux, les dés sont jetés, le monde va forcément basculer. Et leurs communautés sont fermées : “les autres” se comporteront forcément comme des loups, ils ne se voient donc que dans l’isolement ou les petits communautés liées par cette même vision du monde.

Ils n’envisagent pas participer à des actions de changement. Ils se positionnent clairement “en dehors” : de la société moderne actuelle, du capitalisme, des gouvernements et des autorités. Leur mode de fonctionnement psychologique est fortement autocentré, axé sur leur propre survie. Peu d’entre eux envisagent que le monde puisse se transformer vers un “après-pétrole”.

Les preppers, eux, voient plutôt la collaboration, la communauté, l’engagement avec leurs voisins, leur quartier ou leur village, comme une des bases de la résilience. Le survivaliste “classique” préfère l’isolement au fin fond de la nature, le prepper peut lui vivre autant en ville qu’à la campagne.

Travailler ensemble et comprendre que nous sommes tous dans le même bain. Le meilleur moyen d’avancer c’est en s’aidant mutuellement. – Gerald Celente

Ce sont aussi des groupes plus ouverts à la mixité : hommes et femmes, jeunes et vieux, toute origine ethnique ou religieuse, les preppers accueillent plus de diversité que les survivalistes classiques – majoritairement constitués d’hommes, blancs, catholiques ou agnostiques, conservateurs et de droite. On retrouve plutôt chez les preppers des adhésions à la gauche en terme d’adhésion politique, voire aux mouvements anarchistes.

Revenir aux bases de la survie

Pour les preppers, il faut avant tout maintenir des savoirs fondamentaux pour survivre, et reconstruire une nouvelle civilisation si l’actuelle en prend plein la figure. Comme filtrer l’eau, produire de l’énergie, se chauffer et se nourrir, savoir coudre (y compris des plaies) ou souder, bref réapprendre à se débrouiller par soi-même, avec ses mains, au lieu d’acheter, de consommer du tout fait.

Et cela, même si les preppers américains sont en réalité de gros consommateurs. Entre les bunkers, les réserves de nourriture et de médicaments, les armes et les installations d’aquaponie, on est loin de la sobriété. Certains sont fans d’équipements en tout genre, et mettent le prix pour avoir un meilleur couteau que Bear Grylls…

Mais en Europe, on constate que le survivalisme est plus proche de ces concepts d’autonomie durable, de sobriété, de résilience que de ceux de doomsday prep (“préparation à l’Apocalypse”). On s’équipe certes, on se forme aussi, mais on est plus adepte de la simplicité et de l’utilisation de techniques ancestrales approuvées que des derniers gadgets hi-tech. Certains preppers s’arment : on sait qu’une bonne réserve de fusils de chasse hérités des grands-parents reste encore cachée dans les greniers des maisons françaises. Mais la Kalachnikov AK-47 figure rarement en premier sur la liste de courses des preppers

La nuance entre Preppers et survivalistes “historiques” est, à mon sens, encore mince. Se préparer…à quoi ? Au pire.. donc à un évènement suffisamment déstabilisant pour mettre en danger des existences. Donc, se préparer à survivre ! Le léger glissement de terme est insuffisant à rendre pleinement compte de la nouvelle approche de la matière. Il serait plus juste d’évoquer le “Responsabilisme”, philosophie visant à se rendre responsable, de soi et de ceux dont on a la charge. Ceci, au sens premier du terme, celui de “répondre” aux évènements. Il s’agit en fait de cela : se placer et maintenir en capacité de répondre aux évènement, la réponse étant variée selon l’individu, mais toujours antagoniste de “subir”. Des personnes comme Vol West et des sites comme celui-ci ou Olduvai évoquent cette nouvelle approche, visant avant tout à se réapproprier les actes élémentaires de l’être humain, les notons fondatrices de l’animal social. C’est en parcourant ces échanges que l’on se distancie clairement du survivaliste télévisé, celui dont la folie fait le bonheur des médias avides de choquant, ces communautés rednecks des Etats du sud, filmées en train d’apprendre à des gamins de 5 ans à manier la Kalach ou le M16 pour défendre une pile de conserves dans un bunker et, en filigrane, perpétuer une race, une ethnie, une croyance… Cette autre approche prône au contraire la responsabilité individuelle pour ne pas peser sur les systèmes, dans les évènements majeurs, ne pas perdre sa civilité en arrachant au voisin le contenu de son caddie… Mes stocks sont une condition de survie, mais à quoi bon cette survie si elle est hantée du souvenir des proches, voisins, amis, morts d’imprévoyance ? Alors ces stocks serviront à ma famille, mais plus largement à un clan, groupe social recomposé… – Hobbes

Un intérêt… et une prise au sérieux croissants

Le terme survivalist est né dans les années 60, aux Etats-Unis, avec la peur du communisme et l’angoisse d’une attaque nucléaire.

Aux USA, les survivalistes représentent, pour l’imaginaire collectif, le “vrai Américain”. Celui (car c’est souvent un homme) qui est arrivé seul sur un nouveau territoire, avec pour seul moyen de survie son arme et ses couteaux – sa b*** et son couteau, on pourrait même le résumer ainsi…

Les pionniers qui ont investi l’immense pays-continent n’ont pu compter que sur leurs compétences de survie pour s’y établir. Une grande partie de la mythologie nord-américaine (qui peut aussi s’appliquer à celle des conquistadors du Sud) reflète cette image du “héros solitaire”, du self made man, du Rambo incarné par Sylvester Stallone. Le gars qui sait se débrouiller seul, et n’a besoin de personne. C’est une vision de l’Amérique qui parle encore à travers les héros de nombreux films, bandes dessinées et jeux vidéos, qui résonne chez les supporters de Trump, au sein de la droite conservatrice et fière de ses racines “pionnières”. 

En Europe, l’idée peut venir à la fois de la prise de conscience de plus en plus aigüe de la crise climatique, des difficultés économiques individuelles et des inégalités croissantes, mais aussi d’une recherche d’autres valeurs de vie que le capitalisme et le consumérisme. Les preppers européens peuvent autant être des écologistes qui veulent revenir à un mode de vie plus simple, que des citadins fatigués d’une vie de stress et d’enfermement dans un bureau. Sur les forums, on parle autant de permaculture, d’énergies vertes ou low tech, de la conception d’habitats durables que de kits de survie à une catastrophe.

Et les filles s’y sont mises. Et pas uniquement en (ré)apprenant à coudre ou à faire des conserves ! On se prépare autant jeune que sénior, et en famille.

Le survivalisme “nouveau” se démocratise

Il devient protéiforme, et il a de plus en plus de place dans les médias.

D’abord parce que les grandes catastrophes survenues dans les vingt dernières années montrent que nous ne sommes pas aussi forts que l’on pensait face aux événements. Qu’ils soient économiques, climatiques ou sanitaires (màj : en témoignent les conséquences de la pandémie du COVID-19). Parce que la prise de conscience des changements climatiques, et de leurs conséquences, est de plus en plus réelle, dans les médias et dans les populations.

On peut venir s’intéresser au néosurvivalisme en cherchant d’abord à renouer avec la nature, à redonner du sens à sa vie, à développer une résilience alimentaire et/ou financière, à s’affranchir du travail salarié, à retrouver une alimentation et une vie saine. Par peur de la pauvreté, de lendemains difficiles – on pense aux groupes dédiés à “vivre mieux avec moins”. Mais aussi par défi personnel et envie d’aventure : les “stages de survie” peuvent attirer ceux et celles qui ont juste envie d’apprendre à allumer un feu en forêt, ou de réapprécier une nuit passée à la belle étoile. Il y aussi ceux et celles qui ont un goût prononcé pour la débrouillardise et le bricolage, le recyclage, le jardinage. Tout comme les concepts de survie ou d’autonomie, les idées de catastrophe ou de résilience diffèrent parfois beaucoup selon les visions et les buts des preppers d’aujourd’hui. 

C’est enfin, pour certain.e.s, un moyen de se construire une identité, de se “trouver” dans un ensemble de valeurs. De développer des compétences et donc une meilleure estime de soi, voire une nouvelle capacité de séduction. C’est aussi un moyen de rompre l’angoisse du lendemain et la solitude en rejoignant des communautés actives, des gens qui leur ressemblent. 

Et dans les médias, on s’intéresse de plus en plus à ces adeptes de la débrouille. De plus en plus sérieusement aussi. En témoigne l’intérêt pour le Salon du Survivalisme, qui se présente d’ailleurs comme “le salon de l’outdoor et de l’autonomie”. On y explique que l’un des objectifs de ce salon est la préservation de l’environnement – la crise environnementale devient la préoccupation principale. On est loin des thématiques guerrières de publications survivalistes américaines ou des romans apocalyptiques comme La Route de Cormac McCarthy. On recycle les désirs des écologistes (cultiver la terre, recycler et non pas consommer, fabriquer soi-même), mais pas pour les mêmes raisons. Mais c’est souvent ce qui séduit les médias : le retour aux sources, la sobriété volontaire, la recherche de sens. Les survivalistes old school d’extrême-droite plaisent aussi, par effet miroir, avec l’envie de chercher à faire de l’audience. Les uns font parler des autres.

En tout état de cause, les néo-survivalistes ont de beaux jours devant eux. Avec la prise de conscience des dangers climatiques, la quête d’alternatives à une vie centrée sur le consumérisme, l’augmentation des crises d’ordre mondial (climatiques, économiques, ou sanitaires), on imagine que l’envie d’autonomie et de réapprentissage de savoirs ancestraux peuvent devenir de plus en plus répandus. Peut-être va t’on voir émerger des cours de survie et d’autonomie dans les écoles ? Et pourquoi pas ? Même sans attendre la fin du (de notre) monde, on peut certainement trouver pas mal d’intérêt au fait d’apprendre à nos enfants à être plus autonomes…

A découvrir :

Reseau Preppers France

Sources :

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Sophilosophy Barbarella

Créatrice de contenus en ligne, je suis également conseil et coach en psychologie positive sur deux thématiques : les personnes surdouées et multipotentielles, et l'éco-anxiété et la solastalgie. Diplômée en journalisme et en psychosociologie, je suis passionnée par le développement durable, le développement professionnel et personnel, et le monde de demain. Retrouvez-moi sur : maviemagique.com, thejobrevolution.com, demainlenouveaumonde.com, lamajestedeselephants.com, et sur les réseaux sociaux.

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