Effondrement et résilience : par où commencer ? Les bases

Toutes les personnes qui ont pris conscience des mutations prochaines du monde, de l’effondrement possible, cherchent à un moment à réfléchir à leur résilience. 

C’est aussi un des moyens de dépasser son angoisse face à l’avenir. De lutter contre le chagrin, et la dépression. Passer à l’action, commencer à mettre en place des stratégies de résilience, c’est sortir de la paralysie que la peur provoque souvent. 

Les bases de la résilience : commencer par soi

Cela peut sembler égoïste. Mais comme le dit si bien un proverbe bouddhiste : “Si ton propre tonneau est vide, tu ne pourras rien donner aux autres” (je paraphrase, mais c’est l’idée).

Le but premier, c’est de faire en sorte de pouvoir être le mieux armé(e) face aux défis auxquels nous devrons faire face. Des défis de survie, ou d’adaptation, lente ou rapide. C’est en prenant soi de nous, et de notre foyer (couple, famille, cercle proche), que nous pourrons le mieux aider les autres, si cela devient nécessaire. Si vous avez des réserves d’eau ou de nourriture, des connaissances médicales de premier secours, ou de l’espace pour loger d’autres personnes, vous pourrez bien plus apporter votre aide.

Mais avant de commencer à réfléchir à une Base d’autonomie Durable ou l’installation d’un système d’aquaponie, il semble important commencer cette série sur la préparation à la résilience en rappelant les bases de la base. L’essentiel pour une bonne préparation à la survie.

Les bases de la résilience : le sur-mesure

Vous trouverez très facilement des quantités d’articles, de livres et de vidéos sur les techniques de survie. Surtout si vous parlez anglais. Mais la plupart du temps, elles vous donnent des solutions toutes faites. Certes très bonnes, mais pas forcément adaptées à votre situation.

Vos bases de résilience ne seront pas du tout les mêmes si vous êtes jeune ou âgé.e, en bonne santé ou souffrant d’une maladie de longue durée. Si vous vivez en Norvège ou au Maroc, dans une grande ville ou dans un village isolé de haute montagne. Vous n’avez pas forcément accès aux mêmes ressources, et vous n’aurez pas forcément les mêmes nécessités fondamentales.

Si par exemple vous êtes jeune, en pleine forme et célibataire, la base de votre survie peut être seulement constituée d’un vélo et d’un bon sac à dos rempli des denrées et outils nécessaires. Mais si vous avez cinq enfants, ce sera peut-être un monospace qui roule à l’huile de friture, ou un van aménagé. Pour pouvoir emmener tout le monde en cas de crise, ou pour rejoindre un lieu de vie avec de meilleures ressources.

Il est donc très important, avant de vous lancer, de réfléchir à votre propre situation.

C’est une réflexion personnelle, pragmatique et utilitaire, mais aussi plus générale. Comment vous imaginez-vous dans différentes situations de crise ? Vous partez ou vous restez ? Si vous comptez vous installer ailleurs, avec quelles ressources à votre disposition ?

Quelle est votre situation économique, familiale, géographique ? Quel est votre projet personnel de survie, de résilience ? Vous voulez acheter une ferme et développer une base d’autonomie locale, ou préférez-vous être mobile et pouvoir bouger facilement ?

Quelles sont les choses dont vous ne pouvez pas vous passer ? Des pièces de rechange pour votre fauteuil roulant, si vous êtes handicapé.e. ? Un deuxième fauteuil, plus léger, pliant, qui roule sans électricité, si vous êtes équipé d’une fauteuil électrique ? Si vous portez des lunettes, avez-vous plusieurs paires de rechange ? Ou des réserves de médicaments si vous souffrez d’insuffisance cardiaque ?

Faites la liste de VOS besoins essentiels, ici et maintenant. Commencez un fichier ou un cahier, et notez au fur et à mesure ce que vous utilisez le plus au quotidien. Les objets, les produits, les services qui vous manqueraient le plus s’ils venaient à être difficiles d’accès. Que mettriez-vous en premier dans votre coffre si vous deviez partir demain matin pour une destination inconnue ?

Les bases de la résilience : la santé

Je me rappelle avoir vu la vidéo d’un survivaliste américain qui expliquait les meilleurs systèmes de stockage pour l’eau et la nourriture. La vidéo était intéressante, mais plus je la regardais, plus je me disais qu’il avait peut-être oublié un truc.

Le gars était costaud, bien plus que costaud même : obèse. Bon d’accord, il était sans doute apte à dézinguer pas mal de pillards qui voudraient s’attaquer à son stock impressionnant. Mais si on est objectif, il a malheureusement plus de risques de mourir du diabète ou d’un infarctus que d’une attaque nucléaire.

La base de la survie, c’est la vie. Réfléchissez donc à ce que vous pouvez faire pour améliorer votre santé, votre forme physique, votre aptitude à résister aux manques. Il nous faudra avant tout garder certaines habitudes de base d’hygiène tel que dormir, se nourrir, se laver, se soigner…

Quelques exemples.

Faites les soins dentaires dont vous avez besoin, et adoptez une hygiène rigoureuse – équipez-vous en conséquence. Les dentistes ne seront pas forcément immédiatement accessibles en temps de crise, et une carie n’attend pas. Il est temps de réfléchir à mettre de l’argent de côté pour faire les implants dont vous avez besoin, de trouver des cliniques à prix corrects. Il existe des cliniques spécialisées, en France mais aussi en Espagne ou en Roumanie, à des prix plus accessibles. Faites aussi des réserves de brosses à dents, car plus de pétrole, plus de plastique…

Les brosses faites avec des brindilles, ça marche pas mal, et le dentifrice bio, ça se fabrique facilement : un peu d’huile essentielle de menthe, un peu de bicarbonate de sodium alimentaire. Attention toutefois : le bicarbonate est un peu agressif, il poli et use les dents.

Mais soyons honnêtes : c’est quand même assez agréable d’avoir une vraie brosse à dent… et dans une période de crise, un petit confort comme celui-là peut faire beaucoup de bien. Profitez de lots promotionnels. Idem pour le dentifrice, le fil dentaire, le gratte langue et les solutions dentaires. Et l’huile essentielle de girofle, en premier secours, en cas de mal de dent.

Bien sûr, si le monde moderne s’écroule complètement de votre vivant, il y a aura un moment où votre stock s’épuisera. Mais d’ici là, vu que c’est petit, léger et que ça ne coûte pas cher, investissez dans cet outil d’hygiène bien sympa…

Si vous avez le sommeil léger (comme moi), faites provision de Boules Quiès (il n’y a pas mieux) et de masques de sommeil. Oui, ils sont lavables, mais pas pendant des années, et si vous perdez le seul que vous avez… et on ne sait jamais où vous vous retrouverez pour dormir…

Le masque de sommeil deux en un : je me cultive et je dors comme un bébé

SI vous portez des lunettes et que votre problème est opérable (la myopie par exemple), n’hésitez pas non plus : les lentilles, c’est du soin et de l’hygiène et ça se perd, les lunettes ça se casse. Sinon, ayez plusieurs paires de rechange.

Pensez aussi aux semelles orthopédiques si vous en avez besoin, des piles pour votre pacemaker, des réserves de médicaments ou d’insuline si vous êtes diabétique.

Mais le mieux, dans ce dernier cas notamment, c’est d’essayer de vous débarrasser de vos problèmes de santé. Perdre du poids peut grandement améliorer, voire faire disparaître, votre diabète s’il est de type 2. Vous ne pourrez pas forcément choisir votre alimentation à tout moment en cas de crise, ni demander des plateaux repas cétogène…

Pensez exercice, de souplesse comme de force, d’agilité comme de renforcement cardiaque. C’est bon pour vous aujourd’hui, et ce sera bon pour vous demain aussi.

Pensez alimentation : mangez simple, sain et bio. Et apprenez à tout cuisiner, avec des choses basiques, parce que c’est peut-être ce que vous trouverez le plus facilement dans quelques années. Faites aussi provision de vitamines, parce que si la nourriture devient difficile d’accès, vous aurez peut-être des carences.

Bref, pensez à tout ce qui vous pouvez faire pour améliorer votre santé ici et maintenant, et ce dont vous aurez besoin plus tard, en cas de restrictions ou d’impossibilité de se ravitailler. L’idée, c’est d’éviter de tomber malade, et donc de ne plus pouvoir faire face aux situations à venir. Que ce soit dans la préparation de votre propre résilience, ou pour faire face aux challenges de demain.

Les bases de la résilience : l’argent

On l’a vu plus haut, on n’a pas forcément les mêmes besoins. On n’a pas forcément non plus les mêmes projets de survie. Mais si on veut commencer à construire notre propre “plan B”, cela nécessitera sans doute de “un peu” à “pas mal” de moyens financiers.

Prendre soin de sa santé, c’est un des nombreux moyens de commencer à économiser de l’argent.

La construction d’une vie plus autonome, plus résiliente, plus sobre souvent, c’est aussi trouver le moyen de financer votre préparation. Pensez aux différentes stratégies pour améliorer vos finances.

Bien sûr, si le monde s’écroule, vos dettes, votre crédit immobilier ou voiture, personne ne viendra vous les réclamer. Mais on n’en est pas là. Et même si on trouve beaucoup de choses d’occasion, c’est un petit coût quand même.

Plein d’idées, comme ça, en vrac – à vous de faire des recherches sur ce que vous pouvez faire pour diminuer vos dépenses et/ou augmenter vos revenus.

  • Changer de logement pour payer un loyer ou un crédit moins élevé
  • Isoler votre maison pour alléger vos factures, ou passer à la colocation
  • Vendre votre voiture et acheter un scooter, un vélo, prendre le bus
  • Vendre tout ce que vous gardez et qui dort dans vos placards : vous allégez votre vie, et remplissez votre portefeuille
  • Acheter d’occasion, réparer vos affaires
  • Arrêter des abonnements (magazines, plateformes de divertissements…) inutiles
  • Changer de job, faire des heures supplémentaires
  • Produire au lieu d’acheter : votre nourriture, votre moyen de chauffage

A vous donc de poser à plat votre projet, de réfléchir selon vos besoins, votre situation, et votre projet de résilience.

Voilà les trois grands axes de départ pour débuter son projet de “mise en résilience” : réfléchir à ses besoins personnels, chercher comment améliorer sa santé et mettre de l’argent de côté.

Je rajouterai aussi que la résilience, ça commence maintenant : si votre situation actuelle est difficile, il faut d’abord prendre soin du présent avant de penser au futur, de préparer et de mettre en place des projets de résilience.

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Sophilosophy Barbarella

Créatrice de contenus en ligne, je suis également conseil et coach en psychologie positive sur deux thématiques : les personnes surdouées et multipotentielles, et l'éco-anxiété et la solastalgie. Diplômée en journalisme et en psychosociologie, je suis passionnée par le développement durable, le développement professionnel et personnel, et le monde de demain. Retrouvez-moi sur : maviemagique.com, thejobrevolution.com, demainlenouveaumonde.com, lamajestedeselephants.com, et sur les réseaux sociaux.

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